On prépare Rio 4-6 juin 2012

Article mis en ligne le Mer 08 juin 2011, par Equipe Ecole et Nature, Réseau Ecole et Nature
Dernière modification le Mer 29 juin 2011.
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Samedi 18 juin séminaire Rio+20

Réseau santé environnement, Pactes Locaux, ATTAC, CCFD, CFDT, CGT, CRID, FPH, RAC,… d’associations, de syndicats, le matin nous étions une cinquantaine réunis pour la journée à deux pas du jardin du Muséum au siège du Comité Catholique Contre la Faim.

1- La communication de la Commission Européenne sur Rio-2012  « Rio+20: vers une économie verte et une meilleure gouvernance »
http://ec.europa.eu/environment/international_issues/pdf/rio/com_2011_36...
2- La synthèse  des contributions  à la consultation de la Commission sur Rio+20 :
http://ec.europa.eu/environment/consultations/un_2012.htm.

Mise à jour du 20 juin

Collections de banalités

Pierre Radanne est à l’animation et les travaux démarrent par l’intervention de Christian Comeliau économiste, ancien de la banque mondiale, de l’OCDE… Il nous rappelle que « les populations sont là, à commencer par les pays arabes », « des hommes, des femmes, des enfants qui disent avec leurs tripes que ça ne peut pas continuer ainsi ». Il parlera de « la collection de banalités et de platitudes décourageantes venant des Nations Unies… ». Ensuite une représentante brésilienne est partie en anglais après nous avoir proposé d’y aller en portugais. Mon voisin de gauche n’a rien capté, ma voisine à droite, je ne saurais dire elle lisait, quant à moi… j’ai eu le temps d’observer que le taux de compréhension semblait plutôt faible dans la salle.

L’économie reste un moyen

Pierre Radanne a parlé d’une panne du multilatéralisme… tous ils nous donnent l’impression d’une situation très peu claire au niveau des hautes sphères. Geneviève Azam d’ATTAC est très critique sur l’entrée « économie verte », même si ça vaut mieux que « croissante verte » envisagée au départ du processus de construction de Rio+20. Elle rappelle fort justement que « l’économie reste un moyen et n’est pas une finalité » et s’étonne de ce choix fait par les Nations Unies qui n’ « est pas une instance économique ». Elle est également critique sur l’entrée de la nature dans le grand jeu économique… marché de la biodiversité… Guillaume Duval d’Alternative économique dit pour sa part que « si on gaspille tant les ressources c’est parce qu’elles ne rentrent pas dans le calcul des acteurs ». Il parle d’une « économie de fonctionnalité » avec pour exemple ces voitures qu’on utilise sans en être propriétaire. Il parle relocalisation, de démondialisation, dénoncera le courtermisme des politiques.

Passer d’une société de consommation à une société relationnelle

Pierre Radanne proposera 8 points à prendre dans l’ordre : 1 réduction des inégalités, 2 optimisation des l’utilisation des ressources, 3 dégager une vision du développement, 4 la question de la rerégulation, 5 changer nos modes de vie, 6 la question du transfert de satisfaction, passer d’une société de consommation à une société relationnelle, 7 refonte démocratique, 8 penser la transition. J’espère que je ne fais pas d’erreur, l’idée générale est là.

Nous pouvons affirmer que pour certains la société relationnelle a commencé. Ils ouvrent le chemin pour une action dans un esprit de fraternité, qu’ils prennent les devants et nous montrent la voie, ça pourrait nous faire gagner du temps.

Société civile

Nous assisterons dans les débats a une légère remise en question de la propriété privée qui est « devenue une vache sacrée », mais étrangement pas un mot sur la corruption. Gustavo Marin dira qu’on a choisi au collectif Rio+20 d’être à la fois interlocuteur des Etats à l’intérieur du processus onusien et interlocuteur de la société civile mobilisé dans le sommet des peuples qui se fera en parallèle, qui est plus en revendication. Il apparaît que tous les participants autour de la table n’ont pas la même définition de la société civile et même loin de là. On est avec une société civile aux contours flous, multiforme et présente partout. En même temps elle pourrait devenir interlocutrice ? Compliqué ! On ferait bien de se pencher sur cette question de définir ce que nous entendons par société civile. On peut craindre que plusieurs se revendiquent porte parole de la société civile, belle cacophonie en perspective. La société civile qui a assistée sans mots dire au naufrage en 2010 des belles promesses de 2002 de stopper l’érosion de la biodiversité. Doit-elle laisser croire que ceux du millénaire seront atteints en 2015 et que ce sera la même chose pour la diminution des émissions d’un facteur 4 pour 2050 ! Qui y croient encore parmi nous ? Qui doit assumer la tromperie ? Quelle crédibilité maintenant pour de nouvelles promesses ? Les populations ne sont-elles pas entretenues dans de fausses croyances ?

Proximité, long terme, diversité, décloisonnement, transparence et communication

Nicolas Krauz de la FPH rapportera les mots du responsable brésilien du sommet qui était avec Edgar Morin et Stéphane Hessel à Dijon le 17 juin : au sommet « le leadership se construira sur l’exemple » et «  le Brésil ne se sent pas responsable du résultat du sommet » ce qui fera rire. Plusieurs participants mettront la relocalisation en avant : « Notre système c’est de rattraper l’Amérique » ça ne peut plus durer, « il faut inventer, d’abord au niveau local ». Un questionnement, porté en particulier par Pierre Calame, tourne autour du devenir d’un système basé sur les Etats nations qui semblent incapables de résoudre les crises. La réflexion est ouverte pour la construction d’un système alternatif venant de la base, il y a une communauté mondiale à créer, ils ont bien raison. Il y a déjà des réseaux de villes, des réseaux de juges qui passent par-dessus les frontières. Une chance on parlera d’une multitude d’expériences qui se déroulent à la base et donnent espoir. Proximité, long terme, diversité, décloisonnement, transparence et communication pourraient être les mots de l’avenir. Les cinéastes ont bien un dogme pourquoi pas nous ?

Trouver la voie de la coopération.

Nous sommes à moins d’un an du sommet de Rio qui se déroulera du 4 au 6 juin 2012. Il y a cette initiative du « collectif Rio+ 20 » conduite par l’association 4D avec Pierre Radanne comme animateur, à laquelle le CFEEDD participe. Puis le 4 juillet il y a l’initiative du comité 21 qui va réunir des acteurs du gouvernement, des entreprises et des associations. Puis en août dans les Cévennes dans la mouvance anti gaz de schiste où on attend entre 10 000 et 20 000 personnes, il sera aussi question de Rio+20 lors d’une plénière. Pour l’instant nous ne savons pas où s’inscrivent les grandes ONG environnementales qui étaient impliquées dans l’alliance lors du Grenelle et puis il y a ce qu’on ne voit pas. Souhaitons juste que la fragmentation si nécessaire à l’extraction du gaz ne prenne pas le pas dans la société civile et que tout le monde saura trouver la voie de la coopération.

(A suivre)

 

8 juin 2011 :

Le 1er juin, nous étions 23 participants à nouveau réunis dans les locaux de la FPH rue Saint Sabin en vue de préparer Rio+20. Avec Hélène de la Ligue nous étions deux du CFEEDD, mais il y avait aussi une membre des Petits Débrouillards. C’est Pierre Radanne qui assurait l’animation.

Charte de l’unité

Du coté de l’actualité à noter qu’une réunion avec l’ensemble des ministères aura lieu le 15 juin, le collectif y sera représenté. Le samedi 18 juin le collectif aura une journée entière de travail, pour en particulier produire un texte de référence et classer les priorités. Fin juin et début juillet il y a une réunion de la société civile (SC) à Rio pour créer une « charte de l’unité ». La première semaine de septembre à Bonn ce sera une réunion de la société civile mondiale et fin septembre, une réunion Europe avec Etats et société civile à Astana au Kazakstan. En novembre ce sera le G20 à Cannes, en décembre conférence climat à Durban et en janvier le texte de préparation de Rio paraitra.

 Mort de rire

La ligne de la SC c’est d’être dans le « in » et dans le « out ». Nous travaillons donc selon deux tableaux, celui qui consiste à nourrir la réflexion pour influencer le processus officiel et celui qui consiste à vivre en même temps de façon autonome l’aventure de la SC pour que Rio réponde aux attentes des peuples, lesquelles comme chacun sait ne sont pas toujours comblées par les gouvernements (mort de rire). Edgar Morin s’implique aussi dans Rio 2012 en faisant l’université itinérante. Il sera à Dijon les 16 ,17 et 18 juin, puis en Islande, au Mali…

 Justice sociale.

Pierre Radane a mis l’ambiance en mettant sur la table la question de la croissance et de la décroissance. Il est clair qu’il y a des clivages à ce propos, y compris entre ONG du Sud, et que le débat est nécessaire partout. Nous devons avoir en mémoire que dans le cadre du G20 tout est axé sur la croissance, qu’on dise croissance verte ou économie verte. Pour nous l’essentiel est que les droits fondamentaux soient reconnus pour tous les peuples et qu’on parle un peu de justice sociale.


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