Filière professionnelle

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Quelle professionnalisation de l’EEDD ?

Une reconnaissance institutionnelle de l’EEDD

Le coup d’envoi de l’Education à l’Environnement a été donné par la conférence des Nations Unies de Stockholm en juin 1972. Une des conférences importante pour l’EE c’est Depuis, les conférences de Tbilissi (1977) , de Rio (1992), Planèt’ERE I, II et III, et Johannesburg (2002) ont grandement contribué à faire reconnaître l’importance de cette démarche.

Aujourd’hui, l’EEDD est reconnue comme outil d’accompagnement des politiques publiques nationales en matière d’environnement et de développement durable. Les articles 6 et 8 de la Charte de l’environnement adossée à la Constitution Française, la Stratégie Nationale pour un Développement Durable (SNND) et la généralisation de l’EEDD (Circulaire du 8 juillet 2004) puis de l’EDD (Circulaire de mars 2007) dans le cadre scolaire, l’entrée en 2005 dans la décennie de l’ONU pour l’éducation vers le développement durable, la mise en place de consultations notamment dans le cadre de la Directive Cadre sur l’Eau à travers sa logique de concertation, en témoignent.

Or, la conduite des politiques publiques en la matière, requiert un vivier de professionnels spécialisés de différents niveaux et une structuration du métier qui fait aujourd’hui défaut.

Un manque de reconnaissance institutionnelle des métiers de l’EEDD

Bien que le métier existe et qu’il soit possible de le décliner selon plusieurs niveaux de responsabilité et de compétences (cf. rubrique « métiers »), aucune structuration n’en permet aujourd’hui une reconnaissance institutionnelle.

En effet, il n’y a pas de formation spécifique en éducation à l’environnement inscrite au répertoire des certifications professionnelles.
Les BPJEPS[1] ont remplacé les BEATEP[2], mais nous n’avons pas pu obtenir de BPJEPS EEDD comme nous le souhaitions. Les DEJEPS[3] ont été mis en place, mais nous n’avons pas pu obtenir de mention EEDD.

Sur le terrain, des réponses ont été trouvées pour pallier ce manque de formations spécifiques. Pour le niveau IV (Bac) certaines structures d’éducation à l’environnement proposent un BPJEPS Loisirs Tout Public (LTP) en lui donnant une forte coloration EEDD.
Une formation longue non diplômante Educateur Nature Environnement qui s'appuie fortement sur le programme de l'ancien BEATEP, a par ailleurs été mise en place en Aquitaine. En Bretagne et Franche Comté, c’est un Certificat de Spécialisation (CS) Activités Scientifiques et Techniques qui peut être accolé aux BP JEPS Loisirs Tout Public et Activités Pour Tous, ou encore une Unité Capitalisable Complémentaire « EE en milieu urbain », qui ont vu le jour.
Pour le niveau III (Bac+2), certaines structures ont mis en place ou préparent le DEJEPS option Développement de Projets, Territoires et Réseaux, en le teintant là encore d’EE.
Enfin, sur le Niveau II, deux Licences Pro existent (Coordonnateur de projets en EEDD à SupAgro de Florac et Médiation scientifique et Education à l’Environnement à l’IUT de Tours).

Si ces réponses apportées de manière parcellaire permettent de transmettre certaines compétences en EEDD aux animateurs titulaires des diplômes concernés, elles ne répondent pas au besoin de reconnaissance du métier, comme une filière de formation spécifique le permettrait. En effet, seuls quelques organismes de formation proposant le BP JEPS Loisirs tout public ou le DE JEPS Développement de Projets, Territoires et Réseaux ont intégré la valence EEDD. Les employeurs en recherche d’animateurs ou d’éducateurs en environnement ne peuvent donc être certains qu’un titulaire d’un de ces diplômes a bien des compétences en EEDD, puisque cela dépend principalement de l’organisme qui lui a dispensé sa formation.

Une filière de formation favoriserait l’accès à une qualification répondant aux besoins des employeurs et permettrait de sécuriser les trajectoires professionnelles des salariés actuels et à venir.
Elle faciliterait en outre la construction de vrais partenariats entre le milieu de l’enseignement et des professionnels formés et reconnus, préconisés notamment dans le cadre de la circulaire EEDD de juillet 2004 (généralisation de l’EEDD en milieu scolaire) et celle de mars 2007.
Enfin, elle permettrait une réelle reconnaissance et une valorisation du métier, ainsi qu’un raisonnement en termes d’ascensions sociale et professionnelle.

Des enjeux en terme d’emploi

Le secteur de l’environnement (gestion des milieux et des ressources, protection de la nature, et éducation à l’environnement) est un secteur relativement dynamique en terme d’emplois, tant dans les associations que dans les collectivités locales. Apparus dans les années 70, ils ont progressé régulièrement jusqu’au lancement de la mesure d’aide à l’emploi « nouveaux services/nouveaux emplois » (créée en 1997 et ayant courue jusqu’en 2007) qui a eu un effet de dynamisation remarquable. Et cette dynamique est amenée à se poursuivre dans le cadre de la mise en œuvre des politiques publiques (« territorialisation » du Grenelle, décennie…), dans le domaine de l’environnement et de l’emploi.

Les emplois d'EEDD s'exercent dans les associations d’éducation populaire, les associations spécialisées en éducation à l'environnement, les associations de gestion et de protection de la nature, les structures touristiques et de pleine nature, les communes et autres collectivités territoriales, les structures d'accueil en milieu rural…

Les fonctions et niveaux de responsabilité varient : animateur spécialisé environnement, animateur nature, guide naturaliste, ambassadeur du tri, médiateur, formateur, éducateur, coordonnateur de projet, responsable pédagogique, concepteur de programmes… Mais, quel que soit le niveau (IV, III, II…) la qualification "éducation à l'environnement" est de plus en plus demandée, car elle répond aux exigences émergentes (et avérées) de sensibilisation des publics à la nécessité vitale de mieux gérer et préserver les ressources naturelles et la qualité de l'environnement de façon durable par les citoyens eux-mêmes, sur la base du principe de responsabilité. Les salariés concernés doivent être en mesure de valoriser leur expérience de terrain et les compétences acquises en terme d’EEDD comme le prévoit la loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002. Par ailleurs, de nouveaux besoins en terme de compétences apparaissent, notamment pour accompagner les Etablissements en Démarche de Développement durable et autres agendas 21.
Or, à l’heure actuelle, seules deux certifications inscrites au répertoire des certifications professionnelles peuvent leur être proposées dans le cadre de la VAE : il s'agit du BP JEPS Loisirs Tout Public (et de l’ancien BEATEP Activités Scientifiques et Techniques), diplôme de niveau IV, et du BTSA GPN animation nature, diplôme de niveau III. Mais ces diplômes ne reflètent pas les réalités professionnelles que rencontrent les animateurs et éducateurs à l’environnement et aux compétences qui leurs sont demandées.

Eléments de conclusion

Une filière de formation professionnelle EEDD faciliterait au plan national, l’atteinte des objectifs d’accroissement global des qualifications et des compétences que se sont fixées les Etats membres de l’UE à l’horizon de 2010.

 


[1] Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l’Education Populaire et du Sport.

[2] Brevet d’Etat d’Animateur Technicien de l’Education Populaire.

[3] Diplôme d’Etat de la Jeunesse, de l’Education Populaire et du Sport.

 

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